Intervention
Retrait de plaques, de vis et de corps étrangers
Les plaques et les vis posées pour stabiliser un os du visage, après une chirurgie des mâchoires comme après une fracture, sont en titane. C'est un métal bien toléré par l'organisme, le même que celui des implants dentaires. Ce matériel est conçu pour rester en place, et la plupart du temps il y reste définitivement sans jamais poser de problème.
Son retrait n'est donc pas systématique. Il se discute au cas par cas, et le cabinet le propose aussi bien pour son propre matériel que pour celui posé par un autre chirurgien, notamment après une fracture du visage.
Définition
L'intervention consiste à retirer les plaques et les vis mises en place lors d'une opération antérieure, une fois la consolidation osseuse acquise — en pratique au-delà d'un an après l'intervention initiale.
Elle couvre également le retrait de corps étrangers logés dans les tissus du visage, qu'ils soient liés à un soin antérieur ou à un traumatisme — un plomb de chasse, par exemple.
Indications
Deux situations conduisent à envisager un retrait. La première est préventive : une fois la consolidation obtenue, le matériel n'a plus d'utilité mécanique et se comporte comme un corps étranger. La seconde est symptomatique : douleur, plaque devenue palpable sous la peau ou sous la gencive, exposition du matériel dans la bouche, mobilisation ou rupture d'une vis.
Le retrait préventif se discute dans une fenêtre limitée. Au-delà de dix-huit mois, le matériel posé sur les mâchoires s'est intégré à l'os et ne peut plus être retiré simplement : passé ce délai, une plaque qui ne donne aucun symptôme est laissée en place. Le cadre de l'orbite fait exception, aucune limite de temps ne s'y applique.
Le retrait n'est jamais automatique : il s'arbitre au cas par cas, selon votre situation. Une personne exerçant une activité très exposée aux chocs a intérêt à le faire, car une fracture ultérieure serait plus simple à traiter sur un os libre de matériel. Chez une personne plus âgée, l'argument peut être différent : le titane crée des artefacts sur un scanner ou une IRM, gênants si un examen de la tête devient nécessaire pour une tout autre raison.
Certaines plaques ne se retirent pas. C'est le cas de celles situées au niveau du condyle mandibulaire et de la région sous-condylienne : le nerf facial y chemine à proximité immédiate, et le risque de paralysie faciale que ferait courir une seconde intervention ne serait pas justifié par le bénéfice attendu.
Modalités d'anesthésie
Anesthésie locale au cabinet ou anesthésie générale, selon la localisation du matériel, son étendue et sa facilité d'accès. Le choix est arrêté lors de la consultation.
Suites opératoires
Elles dépendent de la voie d'abord, c'est-à-dire du chemin emprunté pour atteindre le matériel.
Lorsque les plaques sont retirées par l'intérieur de la bouche, situation la plus fréquente après une chirurgie des mâchoires, un gonflement modéré et une gêne à l'ouverture de la bouche sont habituels les premiers jours. L'alimentation est froide et molle pendant cette période. Des bains de bouche et une hygiène bucco-dentaire soigneuse favorisent la cicatrisation, et des antalgiques simples suffisent le plus souvent. Aucun antibiotique n'est nécessaire. Un arrêt de travail de deux à trois jours est habituellement suffisant.
Lorsque le matériel se situe au pourtour de l'orbite, il est atteint par une incision dans la paupière, placée dans un pli naturel pour rester discrète. Un gonflement et d'éventuels bleus se résorbent en une dizaine de jours, avec des soins locaux prescrits. La reprise d'une vie sociale normale intervient vers dix à quinze jours.
Prise en charge
Cette intervention est prise en charge par l'Assurance Maladie et par votre complémentaire santé. Le statut de prise en charge est évalué au cas par cas lors de la consultation.
Consignes après l'intervention
Le jour même, évitez de cracher et de rincer énergiquement la bouche : le caillot qui protège la plaie risquerait de se déloger.
L'arrêt du tabac pendant toute la durée de la cicatrisation limite le risque d'infection et de retard de cicatrisation.










